Sécheresse : la Dordogne décroche 2,87 millions d'euros pour ses agriculteurs
Le comité sécheresse s’est réuni le 11 septembre au matin à la préfecture de Périgueux, et la préfète de la Dordogne y a présenté la déclinaison locale du plan national Casi (climat, adaptation, sécheresse, incendies) : 2,87 millions d’euros pour le département, soit 11 % des 37,3 millions attribués à la Nouvelle-Aquitaine.
Des pertes dans toutes les productions
L’été a été hors norme : 70 % des précipitations de l’année sont tombées en janvier et février, et l’humidité depuis juin n’avait pas été aussi basse depuis 1959. Les pertes se déclinent par filière : environ 45 % pour les prairies et l’herbe destinée aux animaux, 15 à 20 % pour les céréales d’hiver, 50 à 60 % pour les céréales d’été, 30 % pour les noix et les pommes, 50 à 80 % pour les prunes, et de 30 à 50 % sur les vins blancs et rouges. « Toutes les productions ont été impactées », résume la direction départementale des territoires.
Comment l’argent arrive
Le fonds d’urgence régional est versé de façon forfaitaire, plafonné à 10 000 euros par exploitation et placé entre les mains du préfet. Le reste du plan Casi passe par l’indemnisation de solidarité nationale, dotée de 520 millions d’euros, avec un versement avancé de six mois, et par un dégrèvement de la taxe foncière non bâtie.
« Des effets d’annonce », pour la Chambre d’agriculture
Le président de la Chambre d’agriculture de la Dordogne, Rémi Dumaure, juge le dispositif « quasi rien, juste des effets d’annonce » : 2,87 millions d’euros, cela représente environ 570 euros par exploitant pour les quelque 5 000 fermes du département, calcule-t-il. Les modalités pratiques de dépôt des dossiers n’étaient pas encore publiées vendredi.
Ce que ça change dans le Périgord vert
Autour de Brantôme, l’herbe et les céréales d’été manquent le plus, ce qui pèse d’abord sur l’élevage, obligé de racheter du fourrage pour passer l’hiver. La prudence reste de mise, comme sur les restrictions d’eau toujours en vigueur sur la Dronne : les exploitants ont intérêt à suivre les publications de la préfecture et de la Chambre d’agriculture.