Médecin traitant : ce que la Dordogne déploie pour combler ses déserts médicaux

Une salle d'attente de cabinet médical, avec ses chaises et ses affiches de prévention
Photo : Migmoug, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Jeudi 10 septembre au soir, à Périgueux, la conférence publique sur l’accès aux soins organisée par Sud Ouest et TV7, avec l’Agence régionale de santé, la CPAM et le conseil départemental, a réuni de nombreux praticiens. Le constat, rappelé par Fanny Castaignede, vice-présidente à la santé du Grand Périgueux, donne la mesure du chantier : 10,7 % de la population périgourdine n’a pas déclaré de médecin traitant, ce qui sature les urgences.

Ce que l’on propose à un médecin qui s’installe

Logement, place en crèche, emploi pour le conjoint : Frédéric Delmarès, vice-président du Département chargé de la santé, assume ce tout-terrain, persuadé qu’un jeune praticien ne vient pas que pour un cabinet. L’argent compte aussi. Delphine Camblanne, directrice de la CPAM de Dordogne, avance 10 000 euros pour une première installation, avec des forfaits majorés dans les zones les plus fragiles du zonage de l’ARS. Depuis 2025, la plateforme Soigner en Périgord sert de guichet unique.

Les chiffres donnent un peu d’air : 18 médecins juniors sont attendus dans le département, selon le Département. La maison de santé pluridisciplinaire de La Bachellerie, où le maire Roland Moulinier a fait venir dix-sept praticiens médicaux et paramédicaux, a été citée en modèle.

Un précédent à dix kilomètres de Brantôme

Le Périgord vert, où se situe Brantôme, reste l’un des secteurs les plus tendus. À Bourdeilles, à une dizaine de kilomètres au sud, le centre de santé de l’association Médecins solidaires tourne depuis le 26 novembre 2025 : un généraliste volontaire différent chaque semaine, rémunéré 1 000 euros net, transport et logement pris en charge, avec des rendez-vous qui se prennent en ligne.

Ce que ça change pour les habitants

Pour un Brantômais sans médecin traitant, ces dispositifs n’effacent pas la pénurie : le cabinet du centre-ville et ceux des communes voisines restent sous tension, et les aides dépendent du zonage de l’ARS. Mais deux leviers sont désormais ouverts, l’installation aidée et le médecin de passage. Reste la question que personne n’élude : retenir les internes une fois leur cursus terminé.